Coup de cœur #2 : Hell On Wheels

Lancée en 2011, le dernier épisode de la série a été diffusé le mois dernier et je ne pouvais pas ne pas écrire sur cette série qui m’a passionnée durant cinq saisons – alors que ce n’était pas forcément gagné au départ.

Je l’ai découverte complètement par hasard un soir, sur la chaîne D8. Je ne suis pas fan de western à la base, donc je n’avais pas d’attentes particulières. Mais ce fut une réelle surprise qui fait que je ne l’ai plus lâchée.

Hell On Wheels est une série dite « historique », elle suit la trame de faits réels, ici : la construction du premier chemin de fer transcontinental reliant l’Est et l’Ouest des Etats-Unis. L’histoire commence juste après la guerre de Sécession. On suit la trace de Cullen Bohannon, un soldat confédéré ancien propriétaire d’esclaves qui souhaite se venger après que sa femme et son fils aient été massacrés par des soldats de l’Union. Sa quête l’amène sur le chantier ferroviaire de l’Union Pacific et il se fait rapidement embaucher comme chef d’équipe.

Le scénario de vengeance tient finalement peu de place dans la première saison, c’est plutôt un prétexte pour amener à tout un monde à découvrir : « Hell On Wheels » est un bidonville de travailleurs et de voleurs, de prêtres et de prostituées… Un endroit dangereux, comme l’annonce le panneau de la population où l’on peut lire « un de moins chaque jour ».

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La série aborde le long de ses saisons de nombreuses thématiques intéressantes et peu traitées dans le paysage des séries en général : le sort des Afro-Américains, la cohabitation de groupes de travailleurs immigrés (irlandais, allemands, chinois…), la guerre avec les Indiens, la communauté mormone, la concurrence entre l’Union Pacific et la Central Pacific…

A côté du personnage principal incarné donc par Anson Mount (illustre inconnu qui se révèle excellent acteur dans un rôle qui lui va comme une seconde peau), on retrouve une galerie de personnages secondaires, savoureux et développés : Thomas Durant (Colm Meaney), le businessman véreux à la tête de l’Union Pacific ; Elam Ferguson (le rappeur Common), esclave libéré et amer face à sa condition ; Thor Gundersen dit « The Swede » (mais venant en fait de Norvège), le Némésis de Bohannon ; Eva, capturée puis vendue à une tribu indienne et maintenant prostituée ; Lily Bell, veuve du géomètre qui prend à son tour ce rôle sur le chemin de fer. (Sans parler de John Campbell joué par Jake Weber dans la saison 4, en intransigeant gouverneur, je l’aime).

C’est certainement la série la plus sous-estimée que je connaisse. Elle appartient à la chaîne AMC, aux côtés de The Walking Dead, Mad Men et Breaking Bad, ce qui est pourtant un gage de qualité. Elle a pâti, je pense, de critiques peu enthousiastes (à mon avis souvent à côté de la plaque) et de la comparaison avec l’autre série culte étiquetée western, Deadwood.

Par rapport à ses grandes sœurs, elle est pourtant de toute aussi bonne qualité. L’intrigue est pleine de rebondissements, parfois cruels : les scénaristes n’hésitent pas à éliminer des personnages clés. Les enjeux des saisons se renouvellent bien et sont toujours amenés intelligemment, sans perdre de vue l’évolution des personnages (même s’il y a des moments de creux, bien sûr, mais quelle série n’en a pas ?). Enfin, la photographie est magnifique et l’ambiance de l’époque est parfaitement reconstituée.

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Cullen Bohannon est certainement mon personnage masculin de série préféré. Tout en nuances. Ce n’est pas un héros bien lisse et blanc comme neige : c’est un tueur. Mais il possède à côté de cela de hautes valeurs morales. Il ressemble un peu au cliché du cow-boy solitaire au premier abord, d’accord. Mais il est tellement attachant, et on en vient à avoir mal au cœur pour lui quand on voit son quota de malchance très élevé dans ses relations humaines. En cinq saisons on l’a vu passer par tous les états, et c’est incroyable comme il arrive à retranscrire ses émotions parfois avec de simples expressions du visage, ou un regard. J’ai rarement vu un personnage aussi charismatique et avec un background aussi tragique.

Bref, je ne cesse de le répéter à qui veut l’entendre : regardez cette série.  ♥

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