5 clips « girl power »

Une sélection d’artistes féminines découvertes récemment qui bousculent avec talent les codes et les genres de l’industrie musicale. Uniques, sensibles et indépendantes, elles participent chacune personnellement à l’empowerment des femmes à travers leur musique. 

J’avais envie de présenter ces clips découverts complètement par hasard, de recommandations YouTube en recommandations YouTube. En les voyant, cela m’a fait un déclic et j’ai directement pensé : c’est ça que j’ai envie d’entendre quand on me parle de chanteuses à tendance « féministe ». La musique pop n’est pas vraiment ma tasse de thé, entre Taylor Swift ou même Halsey – dont j’apprécie l’esthétique et la personnalité, mais qui ne me satisfait pas musicalement. Si vous aimez ce style c’est très bien aussi, cette remarque ne concerne que moi et mes goûts. Ceux-ci peuvent se montrer très éclectiques par ailleurs, mais je ne nie pas que ce qui me fait le plus vibrer ce sont les vibes hip-hop et R’n’B. Ne fuyez pas et passez à l’écoute de ces clips qui font du bien :

  • Anna Wise – BitchSlut

i know what kind you are / if i say no i’m a bitch / (if i) say yes i’m a slut

Anna Wise est originaire de Boston. Elle s’est fait connaître en collaborant avec Kendrick Lamar sur plusieurs morceaux (notamment le single “These Walls” qui a gagné un Grammy Award). “BitchSlut” est son second single solo sorti en mars dernier. Sur une production lo-fi, elle laisse couler sa voix entraînante qui dénonce les étiquettes complètement paradoxales collées aux femmes. Peu importe les attitudes qu’elles adoptent, elles ont toujours tort. Cette chanson résonne alors comme un hymne : pourquoi chercher à se conformer aux doubles-standards que cette société sexiste nous dicte s’ils sont si contradictoires et oppressifs ? Anna Wise affirme sa féminité sans concession et c’est libérateur. Son premier EP The Feminine Act I est désormais sorti, et elle le décrit ainsi: “There is a theme, and the theme is ‘women.’ Women are great. We’re fucking great, and I want to talk about us. And talk about myself, because I’m a woman. I guess it’s kind of selfish. ‘Let’s talk about me!’

  • Princess Nokia – Tomboy

with my little titties and my fat belly / i could take your man if you finna let me

Destiny Frasqueri a.k.a Princess Nokia est revenue avec fracas avec ce clip en mai, partie de son EP 1992. Elle ne porte pas de rose ni de paillettes mais des sneakers et des sweats XXL. Princesse urbaine et moderne, elle pose dans les playgrounds de son New-York d’origine avec ses copines tomboys, sur un beat monstrueux. L’artiste multidisciplinaire a toujours clamé son soutien à la cause des femmes (voir son collectif Smart Girls Club) et à la communauté porto-ricaine. Ici, elle s’affiche haut et fort comme une icône androgyne, fière de son corps qui ne correspond pas aux standards de beauté de la société mais qui ne l’empêche pas de séduire, loin de là. Un beau message de prise de confiance pour les femmes et leur rapport (souvent conflictuel) à leur corps : ne cachons pas nos défauts – qui n’en sont pas, bannissons les complexes et aimons-nous comme nous sommes.

  • Kali Uchis – Loner

that’s why i’d rather be a loner / yeah i’d rather be alone / i don’t even want to know ya

Le single sorti en août 2015 fait partie de l’EP Por Vida de la chanteuse d’origine colombienne aux cheveux roses et au style de pin-up. Au milieu d’une esthétique « néon » particulièrement réussie, elle conte son envie d’être seule plutôt que mal accompagnée. Choisir d’être solitaire n’est pas toujours évident pour les femmes qui apprennent dès le plus jeune âge qu’elles ne sont pas complètes tant qu’elles n’ont pas trouvé le prince charmant. En attendant, le prince charmant n’existe pas et Kali Uchis l’a bien compris : elle préfère la solitude au fait de se lancer dans certaines relations qu’elle sait d’avance vouées à l’échec. “I wanted this music video to portray a strong sense of being very grown, content alone and feeling yourself.

  • Junglepussy – Me

looking good without a weave / let me be as the sea / can i flow

Junglepussy est une rappeuse de Brooklyn et cette chanson est la dernière de son premier album Satisfaction Guaranteed sorti en 2014. Pas une nouveauté donc, mais je n’en avais jamais entendu parler avant alors je pense qu’elle mérite sa place ici. Encore une fois il est question de parcours existentiel intime, mais surtout de self-love. Elle met en scène les différentes facettes qui font ce qu’elle est, en alternant magistralement parties rappées et chantées. Un ovni ambitieux, définitivement: “These new visuals shed light on my true essence as the daughter of Mother Nature. Happy to be on Earth, living in the playground of life, watch as I seamlessly manifest my dreams into reality.

  • Bibi Bourelly – Ego

i won’t ever (ever, ever, ever, ever, ever, ever) give a fuck / you won’t bring me down

Bibi Bourelly est la fille de vingt-et-un ans qui écrit des tubes qui font le tour de la planète (“Bitch Better Have My Money” de Rihanna). “Ego” est son second single sorti fin 2015, en attendant la sortie de son premier album prévu pour cette année. Le clip a été tourné dans sa ville natale, Berlin, et elle écrit à propos de la chanson : “I wrote Ego when I was 19 years old and just got to L.A to sing and no one knew I would get anywhere yet.” De sa voix rauque et authentique aux airs de blues, elle se rebelle contre tous ceux qui ne l’apprécient pas et qui ont voulu la faire devenir quelqu’un qu’elle n’était pas. Son amour-propre la protège de ceux qui voudraient la descendre. Moralité : il n’y a vraiment aucun mal à croire en soi lorsqu’on est une jeune fille.

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